La
mélancolie a-t-elle un air ? Assurément non. Néanmoins, elle
est une musique avec ses hauts et ses bas, ses silences et ses
soupirs. Tantôt amie, elle inspire, réconforte ou soulage. Tantôt
ennemie, elle désespère et bloque net le flux et reflux des idées.
Telle une orchestration, l'artiste compose avec différents
événements qui font partie intégrante du cheminement de la vie.
D'un drame familial au chagrin d'amour, en passant par le deuil ou la
nostalgie de temps révolus, elle s'impose, parfois brutale, parfois
subtile et imperceptible. Sournoise, elle monte crescendo jusqu'à la
détresse la plus absolue. Mais aussi, elle peut être un état d'âme
vibrant à la mélodie d'un moment heureux, d'une rencontre, de la
complicité de regards croisés. D'une intuition à l'espoir tenace,
de la joie de vivre à la confiance en l'avenir.
La
mélancolie est tout cela à la fois. Une véritable muse malicieuse
ou docile, elle se joue ou se lie à la force créatrice de
l'artiste. Tout individu en a sa propre expérience et l’appréhende selon sa perception, son vécu... comme le chante Léo Ferré.